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Je parlerai de ma ville, de mes voyages, de musiques, de films, de l'actualité, de tout ce qui m'interpelle

Quand j'ai créé mon premier blog je m'étais inspirée de la définition du mot "Blog", à l'origine "Weblog" contraction de Web et de Log. Le mot "Log" a désigné au départ les journaux de bord de la marine et de l'aviation américaine, et le "Web", c'est cette invention qui a changé notre quotidien à la fin du 20e siècle ! Le blog littéralement c'est donc un carnet de bord tenu et dévoilé en ligne, un mot construit pour désigner les premiers sites du genre aux Etats-Unis à la fin des années 90.

Mon blog... Un regard très personnel, un journal où je publierai des billets d'humeur à propos des sujets les plus divers.

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mardi 28 juillet 2015

L'ENQUÊTE DES ARCHÉOLOGUES D'ANGKOR

C'est un passionnant documentaire que j'ai regardé ce soir sur Arte. Angkor redécouvert !

Son auteur-réalisateur, Frédéric Wilner, est un archéologue.

"150 ans après la découverte des ruines d’Angkor, plusieurs découvertes changent le regard des archéologues sur la ville disparue. Grâce à l’usage des technologies les plus perfectionnées, mais aussi à l’étude des statues, moulages et documents légués par Louis Delaporte, l’un des premiers explorateurs d’Angkor au 19e siècle, les scientifiques lèvent le voile sur le fonctionnement des temples khmers, le sens de leur architecture, et la façon dont la capitale de l’empire grandit jusqu’à devenir la plus grande ville du monde, à la fin du 13ème siècle."


Documentaire
Auteur : Frédéric Wilner 
Durée : 90’
Chaîne : Arte Coproduction : Arte France, 
Iliade Productions et les films de l'Odyssée 


Angkor, gloire et mort d'une civilisation 

Résumons l'Histoire d'Angkor

"Le Cambodge bénéficie en son centre d'un grand lac, le Tonlé Sap, régulateur du Mékong, qui se transforme en véritable petite mer intérieure à la saison des pluies.

Les populations locales vont, au fil des siècles, créer des systèmes de digues et de canaux, toujours plus perfectionnés, qui vont permettre la création des "barays"(bassins) et le développement de la riziculture. Tous les ingrédients sont là pour la création d'un royaume puissant.

Parvenu au pouvoir à la fin du 8 ème siècle, Jayavarman 1er, souverain khmer du Kambuja, libère le pays de la tutelle de Java avant de l'unifier dans un royaume très centralisé autour de sa personne.

En 802, il transporte sa capitale sur le site de la future métropole d'Angkor.

S'instaure alors un véritable culte pour la personne royale qui va s'associer aux religions déjà présentes : le brahmanisme et le bouddhisme, venus d'Inde.

Les souverains s'attachent à créer des cités organisées autour des temples-montagnes, à leur gloire. Et à la fin du 9 ème siècle le site d'Angkor commence à sortir de terre.

En 881 le roi Indravarman I construit le premier temple-montagne, en référence à la cosmologie hindouiste et dédié à Shiva, le Bakong, dans l'ancienne cité de Hariharalaya, la région que l'on appelle aujourd'hui Roluos."

Le Bakong

"Angkor ne va cesser de grandir et d'embellir au fil des règnes de chaque roi qui s'empresse dès son arrivée au pouvoir de bâtir sa propre «ville».

Composée de bâtiments civils et religieux disposés dans un carré, l'ensemble a pour fonction de recréer l'univers : entouré de bassins symbolisant l'océan primitif, il représente la terre, elle-même reliée au ciel par le temple-sanctuaire central du roi, intermédiaire des dieux."



"Et bien sûr, pour séduire les divinités, ces bâtiments se devaient d'être grandioses.

Yasodharapura, la première cité d'Angkor, va donc devenir petit à petit une capitale brillante malgré des situations politiques parfois confuses. L'empire khmer est affecté par les rivalités personnelles au sommet de l'État tout comme par les guerres avec ses voisins, notamment le royaume du Champa (à cheval sur le Cambodge et le Vietnam actuels). Le Champa est envahi et annexé en 1145 sous le règne de Suryavarman II qui régna de 1113 à 1150. Ce roi guerrier est aussi un grand constructeur puisqu'il est à l'origine du temple prestigieux d'Angkor Vat, joyau de l'art khmer.

Angkor Vat - photo perso

Quelques années plus tard, en 1181, son successeur Jayavarman VII inaugure un règne qui voit la cité atteindre son apogée. On estime que près de 250.000 personnes y vivent alors, chiffre considérable puisqu'à la même époque Paris compte à peine 80 000 habitants !

Le nouveau roi se lance dans une frénésie de constructions, faisant élever, pendant ses trente ans de règne, plus de bâtiments à lui seul que tous ses successeurs réunis... On lui doit les fortifications qui entourent la ville mais aussi les temples de Ta Prohm, Preah Khan et bien d'autres.

Avec la cité d'Angkor Thom et son Bayon, il donne un écrin unique au Mahâyâna, forme du bouddhisme valorisant la compassion.

Le temple du Bayon - photo perso

La mort du roi marque le retour de l'hindouisme avant que le bouddhisme ne revienne en force dans toute la région sous l'influence des envahisseurs thaïs.

Ceux-ci détruisent les systèmes hydrauliques et provoquent le retour des fièvres, rompant le fragile équilibre qui avait apporté la prospérité à la région.

Angkor, attaquée plusieurs fois, est finalement abandonnée en 1431 au profit de Chadomukh, future Phnom-Penh. La belle cité va alors entrer dans le silence."

Extraits de : http://www.herodote.net/Angkor-synthese-1883.php

Le documentaire

Je l'ai regardé ce programme (que j'avais déjà vu, ce ne sont que des rediffs d'été !) Mais une fois encore j'ai été passionnée étant passionnée par l'archéologie depuis ma jeunesse.

Photos suivantes :  films de l'Odyssée

Les archéologues qui faisaient ces recherches étaient fantastiques. Un vrai jeu de devinettes, d'enquête policière.

Eric Bourdonneau et Jacques Gaucher, deux archéologues français, vont enquêter, respectivement, sur le site de Koh Ker et celui du Palais Royal d’Angkor Thom.

Je ne connaissais pas le dieu Yama, le dieu de l’empire des morts. Koh Ker je n'y suis pas allée. C'est très loin de Siem Reap, à 120 km, quelques 2hres 1/2 de route. Je ne suis allée qu'à Bang Melea qui est à 80 km, ça faisait déjà de la route, on a même crevé en tuktuk ! Ah si j'avais su tout ça à ce moment là ! Je ne me lasse pas d'en apprendre toujours encore et encore sur l'Histoire d'Angkor et la signification de ses temples.


"La cité d'Angkor, très dense et très étendue, disent les archéologues, résultait elle-même de l'agglomération de plusieurs cités construites autour des grands temples royaux par les souverains qui se sont succédés à la tête de l'Empire Khmer.

Chaque souverain khmer a voulu batir son propre temple. Pourquoi !"

Passionnant à découvrir !

"Chaque règne était un recommencement et chaque souverain devait construire son propre temple royal, étendant ainsi progressivement la cité."

VIDÉO






Koh Ker et la vocation funéraire des temples khmers 

Quelle était la véritable fonction des temples d'Angkor?

Pourquoi chaque roi devait-il édifier un nouveau temple?

L'archéologue français Eric Bourdonneau cherche les réponses à ces questions à Koh Ker.

Koh Ker est une ancienne ville khmère, capitale éphèmère de l'Empire Khmer au 10e siècle, de 928 à 944, sous le règne de Jayavarman IV. Elle est située à 100 km au nord-est d'Angkor.


Son nom vient du vieux-khmer Chok Gargyar ou Chok Grager : « bosquet de Hopea odorata ».

Elle fût abandonnée à l'issue du règne de Javayarman IV, vingt ans seulement après sa construction.



Le site de Koh Ker est dominé par le Prasat Thom, un temple-montagne de 30 mètres de haut, s’élevant au-dessus de la plaine et les forêts alentour.

Au sommet se trouvait un linga, un gigantesque cylindre de pierre de plus de quatre mètres de hauteur et d'un à deux mètres de diamètre, un symbole phallique représentant Shiva.

Prasat Thom

L'accès au temple royal est ponctué d'une succession de chapelles, les "prasat", qu'il faut traverser avant d'atteindre la pyramide principale qui culmine à trente mètres de haut.




Le Prasat Bram (ou Pram) est constitué de trois tours de briques enserrées dans les racines.
Prasat Bram
Le Prasat Krachap dont ne subsistent que quelques pans de murs et de pignons et des pieds-droits de portes calligraphiés.
Prasat Krachap

Le Prasat Banteay Pee Chean avec ses tours complètement éventrées.

Banteay Pichean


Plus d'images sur Koh Ker sur ce site en anglais :


La plupart des grandes statues du Musée National de Phnom Penh proviennent de Koh Ker.


Comprendre

"Le temple a été largement pillé dans les années 1990. Pour reconstituer et comprendre le temple, Eric Bourdonneau doit se livrer à une véritable enquête, concentrant ses recherches sur les différentes chapelles qui ponctuent l'accès à la pyramide principale.



A Koh Ker, Eric Bourdonneau a identifié les fragments de cette sublime statue du Shiva dansant, la plus grande sculpture de l’histoire d’Angkor. Elle a été brisée en plusieurs centaines de morceaux par des pilleurs, qui par deux fois dans l’histoire ont volé ce qui se trouvait dans ce petit temple (une fois il y environ 500 ans, lorsque le site d’Angkor a été abandonné à la forêt ; et une autre fois dans les années 90, lorsque le Cambodge était en guerre).

Eric Bourdonneau a tenté, par le dessin et la photographie, de les assembler, sans y parvenir complètement.

L’usage de l’animation 3D lui permet de recomposer complètement la statue et de lui rendre sa texture initiale. Il reconstitue d'abord virtuellement à partir de dix mille fragments la statue colossale qui se trouvait dans la première chapelle.

Haute de plus de cinq mètres, elle représentait Shiva, dieu créateur et destructeur dans une position de danse, entourée d'Uma, son épouse bienveillante, de deux joueurs de tambour et de Kali, l'épouse terrible du dieu. 


Reconstitution virtuelle de la statue de Shiva
dansant dans la première chapelle du temple
de Koh Ker

"Cette première chapelle du temple constituait en quelque sorte une antichambre de l'au-delà, la première étape d'un parcours symbolique."

Je le cite : 

"Un véritable miracle, et une véritable découverte, car l’information nous est offerte sans pour autant que la statue soit physiquement reconstruite. Cela étant, il est probable que dans quelques années, les restaurateurs du musée de Phnom Penh réalisent ce travail de recomposition, qui s’appuiera bien entendu sur ces réalisations "virtuelles". 

Voir renaître, ne serait-ce que "virtuellement" une ou plusieurs statues disparues permet d’enquêter sur l’imaginaire des hommes qui vécurent à Koh Ker. Car ces statues sont autant de représentations symboliques qui expriment la façon dont ces civilisations se figuraient le monde. 

Par conséquent, non seulement on découvre un objet magnifique et spectaculaire, mais les scientifiques parviennent ainsi à mieux comprendre les civilisations disparues. C’est cela, une vraie découverte ! "

La statue ne chevauche pas un taureau mais un buffle !
C'est Yama

Dans la chapelle suivante, l'archéologue a d'abord dégagé avec son équipe les piédestaux des huit statues qui s'y trouvaient.

"Eric Bourdonneau a identifié les fragments de cette sublime statue du Shiva dansant, la plus grande sculpture de l’histoire d’Angkor. Elle a été brisée en plusieurs centaines de morceaux par des pilleurs, qui par deux fois dans l’histoire ont volé ce qui se trouvait dans ce petit temple (une fois il y environ 500 ans, lorsque le site d’Angkor a été abandonné à la forêt, et une autre fois dans les années 90, lorsque le Cambodge était en guerre).

Eric Bourdonneau a tenté, par le dessin et la photographie, de les assembler, sans y parvenir complètement.


 Reconstitution virtuelle de la seconde chapelle de Koh Ker 

C'est à partir d'un fragment de statue qu'Eric Bourdonneau va faire une découverte capitale : la statue que l'on identifiait comme Shiva sur un taureau représentait en réalité Yama, dieu de l'empire des morts, sur un buffle."

Yama est le dieu de l’empire des morts, messager ou dieu de la mort et juge des hommes. Son autre nom Dharmaraja rappelle qu’il est le Roi de la Loi Cosmique, le juge souverain qui évalue les âmes des défunts et accorde la juste rétribution consécutive au karma accumulé.

Il est souvent représenté chevauchant un buffle.



Yama a la responsabilité de s'occuper des morts. Il va chercher ceux qui ont terminé leurs temps de vie qui passent ensuite devant ses deux chiens de Yama chargés de garder l'entrée du ciel afin d'en filtrer l'entrée. Il porte aussi le nom "d'exécuteur" ou de "Roi de Justice" et préside le tribunal des morts. Le messager de Yama est la colombe et ses attributs sont la nasse et le collet. 

Plus sur Yama : http://mythologica.fr/hindou/yama.htm#sthash.DVJrDY55.dpuf

Il est décrit de façon populaire comme le juge des morts qui se tient à la porte de l'enfer, qui pèse leurs bonnes et leurs mauvaises actions, et qui décide de leur destin. À la mort, ses serviteurs, appelés « les divinités de Yama » emmènent l'âme et la font descendre dans le royaume de Yama.

Dans la mythologie hindoue, Yama est le nom du premier mortel qui devint le Roi de la Mort. Il aurait été fils de Vivashvat et de Saranyu. Yama est le roi des ancêtres Pitrirâja, le roi des fantômes et, contrôlant tous les humains, le Juge Suprême. Il réside dans le quartier sud de l’Univers, c’est donc l’un des huit Dikpala.

On le représente habillé de rouge, sous l’apparence d’un homme difforme de couleur verte, tenant un lacet (pasha), un bâton (danda) ou une massue, une hache et un poignard. Il porte parfois une couronne et une fleur se voit sur le haut de sa tête. De son lacet, il attrape ses victimes. Parfois, on le représente avec quatre bras, d'autres fois avec deux. Sa monture est une buffle noir.

On dit qu'après la mort, l'âme prend quatre heures et quarante minutes pour arriver devant Yama. C'est pourquoi, il ne faut pas procéder à la crémation avant ce laps de temps.

Brahmâ, après avoir créé le monde, se rendit compte qu'il convenait de prévoir un lieu pour juger et punir les méchants. Il convoqua alors Vishvakarma, le grand architecte divin, et lui demanda d'en créer un. Cet endroit de légende, spécialement créé pour Yama, est pourvu d'un climat doux et salubre; on n'y craint aucun ennemi et ni le corps ni l'âme n'y peuvent souffrir de quoi que ce soit.

Chacun, à sa mort, est rétribué en fonction de ses actions passées. Yama apparaît différent au vertueux ou au méchant. Au vertueux, il apparaît semblable à Vishnu, avec un visage merveilleux et souriant, et des yeux de lotus. Au méchant, il apparaît avec des membres de 300 lieues de long, des cheveux comme des roseaux géants et des yeux profonds comme des puits.

Le frère jumeau de Yama, qui plus tard allait devenir la rivière Yamunâ (un affluent du Gange en Inde) fut le premier mortel à mourir; ayant découvert le chemin qui mène dans l'au-delà, il est le guide de ceux qui quittent ce monde. Il possède deux chiens voraces à quatre yeux et de larges narines. Ces bêtes gardent la route qui mène à sa demeure et accompagnent les êtres humains qui demandent qu'on les conduise à leur Maître.

Les représentations de Yama sont sensiblement différentes selon qu'elles sont hindoues ou bouddhistes. Au Tibet, que ce soit sur les thangka ou sur les statues de bronze-laiton doré, Yama affiche un air menaçant et particulièrement impressionnant. Affublé d'une paire de cornes ou portant sur la tête un diadème fait de crânes humains, brandissant son épée, il danse sur son vâhana, le taureau.

Dans les temples, en Inde, Yama est surtout représenté en tant que Dikpala, l'un des huit gardiens de l'Espace. Il porte alors le plus souvent un sceptre orné d'un crâne humain à l'extrémité ou bien il tient une tête humaine dans une main, une épée dans l'autre.

A lire sur Yama
http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/indonesie/hindouisme/kala/yama.html

Puis Eric Bourdonneau découvre que la statue qui faisait face à Yama, ramenée par Louis Delaporte et conservée au musée Guimet, représentait en réalité le roi Javayarman IV et non pas une divinité masculine.

L'ensemble constitue donc une scène de jugement des morts où le roi fait face au dieu des enfers. Cette seconde chapelle marque donc le seuil et le passage dans le domaine de la mort.

La colline

Mais l'archéologue s'est également intéressé à une colline de quinze mètres de haut située à l'arrière du temple montagne, une anomalie dans cette vaste plaine. Il découvre qu'elle est en réalité constituée de cendres et de charbon, qui pourraient provenir d'un gigantesque bûcher funéraire.

La fonction du temple de Koh-Ker était bien funéraire

Les recherches d'Eric Bourdonneau tendent donc à montrer que la fonction du temple de Koh-Ker était funéraire, renouvelant ainsi la compréhension des temples khmers et apportant une réponse à la question première: pourquoi chaque roi khmer devait-il faire ériger un nouveau temple qui lui soit propre?

Temples d'état, ils avaient d'abord pour fonction de protéger l'empire pendant le règne du roi, mais également de préparer son au-delà, prenant ensuite une vocation funéraire.

C'est cette dimension nouvelle des temples khmers qu'a mise jour l'enquête d'Eric Bourdonneau, pouvant ainsi expliquer la nécessité pour chaque roi d'édifier un nouveau temple.

Sources :

Les nouvelles technologies 

Je cite Frédéric Wilner :

"Il va falloir revoir nos clichés. Ainsi, au XXIe siècle, les archéologues ne sont pas forcément de vieux barbus à l'œil pétillant et au dos cassé qui gratouillent au pinceau le fond d'une tranchée. Ce sont parfois de véritables cyborgs, équipés de lasers et autres bidules high-tech ultra cool, capables de révolutionner notre savoir sur des sites archéologiques auscultés depuis des générations."



"Jusqu’à récemment, il était difficile, pour un scientifique, d’enquêter sur un site sans pratiquer une étude des sols – c’est à dire sans "descendre" dans les niveaux archéologiques. C’était la seule façon de remonter dans le temps et de trouver, le cas échéant, les vestiges du passé.

Cet équipement ultra-performant, le Lidar, ne les dispense pas de faire ce travail extrêmement précieux. Le Lidar permet cependant d’avoir une vision et une analyse précise d’un espace immense, qui prendrait des décennies, voire des siècles, à être exploré d’une manière classique.

En quelques jours, les archéologues parviennent à saisir les subtilités du terrain sur un immense territoire, qui correspond à une grande partie de la ville ancienne d’Angkor.

Cela va permettre de mieux comprendre comment la ville s’est développée : c’est un très grand pas dans la connaissance de cette civilisation.

Il faut aussi savoir que Jacques Gaucher avait fait la même étude, mais sur un territoire plus restreint, puisqu’il s’agissait de la seule ville d’Angkor Thom (au centre de l’agglomération d’Angkor). Il a passé plusieurs années à pratiquer des sondages archéologiques très nombreux sur la surface de cette partie de la ville, et est parvenu à un résultat identique… mais à l’issue d’un travail titanesque, d’une difficulté extraordinaire, puisqu’il s’est déroulé au cœur d’une forêt tropicale extrêmement dense, infestée de moustiques et de toutes sortes d’animaux qu’il est déconseillé de côtoyer de trop près".

"Je suis particulièrement impressionné par l’utilisation des techniques de visualisation en trois dimensions en archéologie, comme on le voit avec Eric Bourdonneau et l’équipe de l’Université de Heidelberg. Elles permettent de visualiser, et donc de valider, des hypothèses réalisées sur le terrain."

Le pionnier : Louis Delaporte (1842-1925) 

Cependant, c'est grâce aux moulages réalisés en 1873 et 1882 par un officier de marine, Louis Delaporte, que Frédéric Wilner s'est documenté. Louis Delaporte entreprit de figer dans le plâtre des façades entières. Ces moulages ont d'autant plus de valeur aujourd'hui que les fresques originales se sont terriblement dégradées, victimes des pillages, du soleil et de la pluie.

Louis Delaporte (1842 - 1925) était un explorateur français, qui participa en 1866 à la mission d’exploration du Mékong. Il découvrit les ruines d’Angkor et y consacra ensuite toute son existence.


Très jeune, Louis Delaporte décida d'être marin. Il est nommé aspirant en 1860 et embarque pour le Mexique où il contracte la fièvre jaune. Après plusieurs expéditions, notamment en Islande, il accède au grade d'enseigne de vaisseau.

Recruté en raison de ses talents de dessinateur, il part en 1866 en Cochinchine et est désigné avec Ernest Doudart de Lagrée pour l'Expédition française du Mékong, mission d'exploration et de recherche des sources du fleuve. Il découvre à cette occasion le site d'Angkor.


Mais la mission tourna au désastre à cause des conditions climatiques et sanitaires et à Xieng Khouang la remontée fut abandonnée et le retour effectué par le Yang-tsé-Kiang. Doudart de Lagrée y laissa la vie et les survivants regagnèrent Saïgon par la mer sous le commandement de Francis Garnier.
Wikipédia 

Il fit un nombre considérable de dessins.





Louis Delaporte revint quelques années plus tard au Cambodge, un voyage au cours duquel il constata que la civilisation khmère était totalement oubliée et méritait, par la qualité de son art, d’être connue à l’étranger.


"Il sélectionna donc un certain nombre de sculptures et reliefs des temples d’Angkor et d’autres sanctuaires du pays, qu'il voulut donner à voir au public parisien, à une époque où il était presque impossible de se rendre sur place. Pour ce faire, il fit réaliser des dizaines de moulages de plâtre de grande taille sur les temples d’Angkor.

Rapportés en France dans les années 1870/1880, ils furent exposés dans un petit musée qu’il ouvrit à l’occasion de l’exposition universelle de 1878, à l’intérieur du premier palais du Trocadéro.

Les empreintes de temples d’Angkor, grandeur nature, furent un véritable choc pour le public. Une civilisation dont on ne savait rien, soudain se présentait aux yeux du monde entier !






Ces moulages nous permettent aujourd’hui de connaître avec précision le détail des reliefs d’Angkor tels qu’ils furent découverts, il y a presque cent cinquante ans. Or les conditions climatiques n’ont depuis pas été tendres avec le grès des monuments du Cambodge : l’alternance de pluie et de soleil sur la pierre provoque de graves altérations – alors que les temples, autrefois pris dans la végétation du Cambodge, étaient relativement protégés jusqu’à leur découverte. Les moulages conservent un grand nombre de détails qui ont aujourd’hui complètement disparu."

L'émission est sur youtube



Cet article a été réalisé avec des recherches sur Internet, Wikipedia et des sites cités autant sur possible.

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