C'est un passionnant documentaire que j'ai regardé ce soir sur Arte. Angkor redécouvert !
Son auteur-réalisateur, Frédéric Wilner, est un archéologue.
"150 ans après la découverte des ruines d’Angkor, plusieurs découvertes changent le regard des archéologues sur la ville disparue. Grâce à l’usage des technologies les plus perfectionnées, mais aussi à l’étude des statues, moulages et documents légués par Louis Delaporte, l’un des premiers explorateurs d’Angkor au 19e siècle, les scientifiques lèvent le voile sur le fonctionnement des temples khmers, le sens de leur architecture, et la façon dont la capitale de l’empire grandit jusqu’à devenir la plus grande ville du monde, à la fin du 13ème siècle."
Angkor, gloire et mort d'une civilisation
Résumons l'Histoire d'Angkor
"Le Cambodge bénéficie en son centre d'un grand lac, le Tonlé Sap, régulateur du Mékong, qui se transforme en véritable petite mer intérieure à la saison des pluies.
Les populations locales vont, au fil des siècles, créer des systèmes de digues et de canaux, toujours plus perfectionnés, qui vont permettre la création des "barays"(bassins) et le développement de la riziculture. Tous les ingrédients sont là pour la création d'un royaume puissant.
Parvenu au pouvoir à la fin du 8 ème siècle, Jayavarman 1er, souverain khmer du Kambuja, libère le pays de la tutelle de Java avant de l'unifier dans un royaume très centralisé autour de sa personne.
En 802, il transporte sa capitale sur le site de la future métropole d'Angkor.
S'instaure alors un véritable culte pour la personne royale qui va s'associer aux religions déjà présentes : le brahmanisme et le bouddhisme, venus d'Inde.
Les souverains s'attachent à créer des cités organisées autour des temples-montagnes, à leur gloire. Et à la fin du 9 ème siècle le site d'Angkor commence à sortir de terre.
En 881 le roi Indravarman I construit le premier temple-montagne, en référence à la cosmologie hindouiste et dédié à Shiva, le Bakong, dans l'ancienne cité de Hariharalaya, la région que l'on appelle aujourd'hui Roluos."
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| Le Bakong |
"Angkor ne va cesser de grandir et d'embellir au fil des règnes de chaque roi qui s'empresse dès son arrivée au pouvoir de bâtir sa propre «ville».
Composée de bâtiments civils et religieux disposés dans un carré, l'ensemble a pour fonction de recréer l'univers : entouré de bassins symbolisant l'océan primitif, il représente la terre, elle-même reliée au ciel par le temple-sanctuaire central du roi, intermédiaire des dieux."
"Et bien sûr, pour séduire les divinités, ces bâtiments se devaient d'être grandioses.
Yasodharapura, la première cité d'Angkor, va donc devenir petit à petit une capitale brillante malgré des situations politiques parfois confuses. L'empire khmer est affecté par les rivalités personnelles au sommet de l'État tout comme par les guerres avec ses voisins, notamment le royaume du Champa (à cheval sur le Cambodge et le Vietnam actuels).
Le Champa est envahi et annexé en 1145 sous le règne de Suryavarman II qui régna de 1113 à 1150. Ce roi guerrier est aussi un grand constructeur puisqu'il est à l'origine du temple prestigieux d'Angkor Vat, joyau de l'art khmer.
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| Angkor Vat - photo perso |
Quelques années plus tard, en 1181, son successeur Jayavarman VII inaugure un règne qui voit la cité atteindre son apogée. On estime que près de 250.000 personnes y vivent alors, chiffre considérable puisqu'à la même époque Paris compte à peine 80 000 habitants !
Le nouveau roi se lance dans une frénésie de constructions, faisant élever, pendant ses trente ans de règne, plus de bâtiments à lui seul que tous ses successeurs réunis... On lui doit les fortifications qui entourent la ville mais aussi les temples de Ta Prohm, Preah Khan et bien d'autres.
Avec la cité d'Angkor Thom et son Bayon, il donne un écrin unique au Mahâyâna, forme du bouddhisme valorisant la compassion.
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| Le temple du Bayon - photo perso |
La mort du roi marque le retour de l'hindouisme avant que le bouddhisme ne revienne en force dans toute la région sous l'influence des envahisseurs thaïs.
Ceux-ci détruisent les systèmes hydrauliques et provoquent le retour des fièvres, rompant le fragile équilibre qui avait apporté la prospérité à la région.
Angkor, attaquée plusieurs fois, est finalement abandonnée en 1431 au profit de Chadomukh, future Phnom-Penh. La belle cité va alors entrer dans le silence."
Extraits de :
http://www.herodote.net/Angkor-synthese-1883.php
Le documentaire
Je l'ai regardé ce programme (que j'avais déjà vu, ce ne sont que des rediffs d'été !) Mais une fois encore j'ai été passionnée étant passionnée par l'archéologie depuis ma jeunesse.
Photos suivantes : films de l'Odyssée
Les archéologues qui faisaient ces recherches étaient fantastiques. Un vrai jeu de devinettes, d'enquête policière.
Eric Bourdonneau et Jacques Gaucher, deux archéologues français, vont enquêter, respectivement, sur le site de Koh Ker et celui du Palais Royal d’Angkor Thom.
Je ne connaissais pas le dieu Yama, le dieu de l’empire des morts. Koh Ker je n'y suis pas allée. C'est très loin de Siem Reap, à 120 km, quelques 2hres 1/2 de route. Je ne suis allée qu'à Bang Melea qui est à 80 km, ça faisait déjà de la route, on a même crevé en tuktuk ! Ah si j'avais su tout ça à ce moment là ! Je ne me lasse pas d'en apprendre toujours encore et encore sur l'Histoire d'Angkor et la signification de ses temples.
"La cité d'Angkor, très dense et très étendue, disent les archéologues, résultait elle-même de l'agglomération de plusieurs cités construites autour des grands temples royaux par les souverains qui se sont succédés à la tête de l'Empire Khmer.
Chaque souverain khmer a voulu batir son propre temple. Pourquoi !"
Passionnant à découvrir !
"Chaque règne était un recommencement et chaque souverain devait construire son propre temple royal, étendant ainsi progressivement la cité."
VIDÉO
Koh Ker et la vocation funéraire des temples khmers
Quelle était la véritable fonction des temples d'Angkor?
Pourquoi chaque roi devait-il édifier un nouveau temple?
L'archéologue français Eric Bourdonneau cherche les réponses à ces questions à Koh Ker.
Koh Ker est une ancienne ville khmère, capitale éphèmère de l'Empire Khmer au 10e siècle, de 928 à 944, sous le règne de Jayavarman IV. Elle est située à 100 km au nord-est d'Angkor.
Son nom vient du vieux-khmer Chok Gargyar ou Chok Grager : « bosquet de Hopea odorata ».
Elle fût abandonnée à l'issue du règne de Javayarman IV, vingt ans seulement après sa construction.
Le site de Koh Ker est dominé par le Prasat Thom, un temple-montagne de 30 mètres de haut, s’élevant au-dessus de la plaine et les forêts alentour.
Au sommet se trouvait un linga, un gigantesque cylindre de pierre de plus de quatre mètres de hauteur et d'un à deux mètres de diamètre, un symbole phallique représentant Shiva.
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| Prasat Thom |
L'accès au temple royal est ponctué d'une succession de chapelles, les "prasat", qu'il faut traverser avant d'atteindre la pyramide principale qui culmine à trente mètres de haut.
Le Prasat Bram (ou Pram) est constitué de trois tours de briques enserrées dans les racines.
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| Prasat Bram |
Le Prasat Krachap dont ne subsistent que quelques pans de murs et de pignons et des pieds-droits de portes calligraphiés.
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| Prasat Krachap |
Le Prasat Banteay Pee Chean avec ses tours complètement éventrées.
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| Banteay Pichean |
Plus d'images sur Koh Ker sur ce site en anglais :
La plupart des grandes statues du Musée National de Phnom Penh proviennent de Koh Ker.
Comprendre
"Le temple a été largement pillé dans les années 1990. Pour reconstituer et comprendre le temple, Eric Bourdonneau doit se livrer à une véritable enquête, concentrant ses recherches sur les différentes chapelles qui ponctuent l'accès à la pyramide principale.
A Koh Ker, Eric Bourdonneau a identifié les fragments de cette sublime statue du Shiva dansant, la plus grande sculpture de l’histoire d’Angkor. Elle a été brisée en plusieurs centaines de morceaux par des pilleurs, qui par deux fois dans l’histoire ont volé ce qui se trouvait dans ce petit temple (une fois il y environ 500 ans, lorsque le site d’Angkor a été abandonné à la forêt ; et une autre fois dans les années 90, lorsque le Cambodge était en guerre).
Eric Bourdonneau a tenté, par le dessin et la photographie, de les assembler, sans y parvenir complètement.
L’usage de l’animation 3D lui permet de recomposer complètement la statue et de lui rendre sa texture initiale. Il reconstitue d'abord virtuellement à partir de dix mille fragments la statue colossale qui se trouvait dans la première chapelle.
Haute de plus de cinq mètres, elle représentait Shiva, dieu créateur et destructeur dans une position de danse, entourée d'Uma, son épouse bienveillante, de deux joueurs de tambour et de Kali, l'épouse terrible du dieu.
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Reconstitution virtuelle de la statue de Shiva
dansant dans la première chapelle du temple
de Koh Ker
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"Cette première chapelle du temple constituait en quelque sorte une antichambre de l'au-delà, la première étape d'un parcours symbolique."
Je le cite :
"Un véritable miracle, et une véritable découverte, car l’information nous est offerte sans pour autant que la statue soit physiquement reconstruite. Cela étant, il est probable que dans quelques années, les restaurateurs du musée de Phnom Penh réalisent ce travail de recomposition, qui s’appuiera bien entendu sur ces réalisations "virtuelles".
Voir renaître, ne serait-ce que "virtuellement" une ou plusieurs statues disparues permet d’enquêter sur l’imaginaire des hommes qui vécurent à Koh Ker. Car ces statues sont autant de représentations symboliques qui expriment la façon dont ces civilisations se figuraient le monde.
Par conséquent, non seulement on découvre un objet magnifique et spectaculaire, mais les scientifiques parviennent ainsi à mieux comprendre les civilisations disparues. C’est cela, une vraie découverte ! "
La statue ne chevauche pas un taureau mais un buffle !
C'est Yama
Dans la chapelle suivante, l'archéologue a d'abord dégagé avec son équipe les piédestaux des huit statues qui s'y trouvaient.
"Eric Bourdonneau a identifié les fragments de cette sublime statue du Shiva dansant, la plus grande sculpture de l’histoire d’Angkor. Elle a été brisée en plusieurs centaines de morceaux par des pilleurs, qui par deux fois dans l’histoire ont volé ce qui se trouvait dans ce petit temple (une fois il y environ 500 ans, lorsque le site d’Angkor a été abandonné à la forêt, et une autre fois dans les années 90, lorsque le Cambodge était en guerre).
Eric Bourdonneau a tenté, par le dessin et la photographie, de les assembler, sans y parvenir complètement.
Reconstitution virtuelle de la seconde chapelle de Koh Ker
C'est à partir d'un fragment de statue qu'Eric Bourdonneau va faire une découverte capitale : la statue que l'on identifiait comme Shiva sur un taureau représentait en réalité Yama, dieu de l'empire des morts, sur un buffle."
Yama est le dieu de l’empire des morts, messager ou dieu de la mort et juge des hommes. Son autre nom Dharmaraja rappelle qu’il est le Roi de la Loi Cosmique, le juge souverain qui évalue les âmes des défunts et accorde la juste rétribution consécutive au karma accumulé.
Il est souvent représenté chevauchant un buffle.
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Yama a la responsabilité de s'occuper des morts. Il va chercher ceux qui ont terminé leurs temps de vie qui passent ensuite devant ses deux chiens de Yama chargés de garder l'entrée du ciel afin d'en filtrer l'entrée. Il porte aussi le nom "d'exécuteur" ou de "Roi de Justice" et préside le tribunal des morts. Le messager de Yama est la colombe et ses attributs sont la nasse et le collet.
Plus sur Yama :
http://mythologica.fr/hindou/yama.htm#sthash.DVJrDY55.dpuf
Il est décrit de façon populaire comme le juge des morts qui se tient à la porte de l'enfer, qui pèse leurs bonnes et leurs mauvaises actions, et qui décide de leur destin. À la mort, ses serviteurs, appelés « les divinités de Yama » emmènent l'âme et la font descendre dans le royaume de Yama.
Dans la mythologie hindoue, Yama est le nom du premier mortel qui devint le Roi de la Mort. Il aurait été fils de Vivashvat et de Saranyu. Yama est le roi des ancêtres Pitrirâja, le roi des fantômes et, contrôlant tous les humains, le Juge Suprême. Il réside dans le quartier sud de l’Univers, c’est donc l’un des huit Dikpala.
On le représente habillé de rouge, sous l’apparence d’un homme difforme de couleur verte, tenant un lacet (pasha), un bâton (danda) ou une massue, une hache et un poignard. Il porte parfois une couronne et une fleur se voit sur le haut de sa tête. De son lacet, il attrape ses victimes. Parfois, on le représente avec quatre bras, d'autres fois avec deux. Sa monture est une buffle noir.
On dit qu'après la mort, l'âme prend quatre heures et quarante minutes pour arriver devant Yama. C'est pourquoi, il ne faut pas procéder à la crémation avant ce laps de temps.
Brahmâ, après avoir créé le monde, se rendit compte qu'il convenait de prévoir un lieu pour juger et punir les méchants. Il convoqua alors Vishvakarma, le grand architecte divin, et lui demanda d'en créer un. Cet endroit de légende, spécialement créé pour Yama, est pourvu d'un climat doux et salubre; on n'y craint aucun ennemi et ni le corps ni l'âme n'y peuvent souffrir de quoi que ce soit.
Chacun, à sa mort, est rétribué en fonction de ses actions passées. Yama apparaît différent au vertueux ou au méchant. Au vertueux, il apparaît semblable à Vishnu, avec un visage merveilleux et souriant, et des yeux de lotus. Au méchant, il apparaît avec des membres de 300 lieues de long, des cheveux comme des roseaux géants et des yeux profonds comme des puits.
Le frère jumeau de Yama, qui plus tard allait devenir la rivière Yamunâ (un affluent du Gange en Inde) fut le premier mortel à mourir; ayant découvert le chemin qui mène dans l'au-delà, il est le guide de ceux qui quittent ce monde. Il possède deux chiens voraces à quatre yeux et de larges narines. Ces bêtes gardent la route qui mène à sa demeure et accompagnent les êtres humains qui demandent qu'on les conduise à leur Maître.
Les représentations de Yama sont sensiblement différentes selon qu'elles sont hindoues ou bouddhistes. Au Tibet, que ce soit sur les thangka ou sur les statues de bronze-laiton doré, Yama affiche un air menaçant et particulièrement impressionnant. Affublé d'une paire de cornes ou portant sur la tête un diadème fait de crânes humains, brandissant son épée, il danse sur son vâhana, le taureau.
Dans les temples, en Inde, Yama est surtout représenté en tant que Dikpala, l'un des huit gardiens de l'Espace. Il porte alors le plus souvent un sceptre orné d'un crâne humain à l'extrémité ou bien il tient une tête humaine dans une main, une épée dans l'autre.
A lire sur Yama
http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/indonesie/hindouisme/kala/yama.html
Puis Eric Bourdonneau découvre que la statue qui faisait face à Yama, ramenée par Louis Delaporte et conservée au musée Guimet, représentait en réalité le roi Javayarman IV et non pas une divinité masculine.
L'ensemble constitue donc une scène de jugement des morts où le roi fait face au dieu des enfers. Cette seconde chapelle marque donc le seuil et le passage dans le domaine de la mort.
La colline
Mais l'archéologue s'est également intéressé à une colline de quinze mètres de haut située à l'arrière du temple montagne, une anomalie dans cette vaste plaine. Il découvre qu'elle est en réalité constituée de cendres et de charbon, qui pourraient provenir d'un gigantesque bûcher funéraire.
Les recherches d'Eric Bourdonneau tendent donc à montrer que la fonction du temple de Koh-Ker était funéraire, renouvelant ainsi la compréhension des temples khmers et apportant une réponse à la question première: pourquoi chaque roi khmer devait-il faire ériger un nouveau temple qui lui soit propre?
Temples d'état, ils avaient d'abord pour fonction de protéger l'empire pendant le règne du roi, mais également de préparer son au-delà, prenant ensuite une vocation funéraire.
C'est cette dimension nouvelle des temples khmers qu'a mise jour l'enquête d'Eric Bourdonneau, pouvant ainsi expliquer la nécessité pour chaque roi d'édifier un nouveau temple.
Très jeune, Louis Delaporte décida d'être marin. Il est nommé aspirant en 1860 et embarque pour le Mexique où il contracte la fièvre jaune. Après plusieurs expéditions, notamment en Islande, il accède au grade d'enseigne de vaisseau.
Recruté en raison de ses talents de dessinateur, il part en 1866 en Cochinchine et est désigné avec Ernest Doudart de Lagrée pour l'Expédition française du Mékong, mission d'exploration et de recherche des sources du fleuve. Il découvre à cette occasion le site d'Angkor.
Mais la mission tourna au désastre à cause des conditions climatiques et sanitaires et à Xieng Khouang la remontée fut abandonnée et le retour effectué par le Yang-tsé-Kiang. Doudart de Lagrée y laissa la vie et les survivants regagnèrent Saïgon par la mer sous le commandement de Francis Garnier.
Il fit un nombre considérable de dessins.
Louis Delaporte revint quelques années plus tard au Cambodge, un voyage au cours duquel il constata que la civilisation khmère était totalement oubliée et méritait, par la qualité de son art, d’être connue à l’étranger.