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Je parlerai de ma ville, de mes voyages, de musiques, de films, de l'actualité, de tout ce qui m'interpelle

Quand j'ai créé mon premier blog je m'étais inspirée de la définition du mot "Blog", à l'origine "Weblog" contraction de Web et de Log. Le mot "Log" a désigné au départ les journaux de bord de la marine et de l'aviation américaine, et le "Web", c'est cette invention qui a changé notre quotidien à la fin du 20e siècle ! Le blog littéralement c'est donc un carnet de bord tenu et dévoilé en ligne, un mot construit pour désigner les premiers sites du genre aux Etats-Unis à la fin des années 90.

Mon blog... Un regard très personnel, un journal où je publierai des billets d'humeur à propos des sujets les plus divers.

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lundi 2 juillet 2012

UNE FILLE DE MINEUR D'HERSIN COUPIGNY

Samedi, le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco le 30 juin 2012, au cours de la 36ème session du Comité du patrimoine mondial réuni à Saint-Pétersbourg en Russie.  

Avec cette inscription, le Comité du patrimoine mondial reconnait la valeur universelle et exceptionnelle de ce paysage tout à la fois culturel, industriel et social qui rend hommage au monde disparu de la mine. 

Le Bassin minier Nord-Pas-de-Calais

"Le Bassin minier Nord-Pas-de-Calais est un bassin houiller qui s'étend sur 120 km et traverse les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Terrils, puits de mine, chevalements, installations de traitement et de transport du charbon, cités ouvrières avec leurs écoles, leurs dispensaires, forment un paysage particulier créé par et pour la mine."

"Il porte aujourd'hui témoignage de la vie et du travail de générations d'ouvriers, venus bien souvent d'au-delà des frontières, pour participer à la croissance et la reconstruction du pays. Les travailleurs de la mine, les gueules noires, ont permis aux usines d'armement de tourner à plein régime pendant la grande guerre."



Mon père est né dans le pays minier du Pas de Calais. Il est né dans un tout petit village, Hersin Coupigny, et il a vécu la jeunesse de tous les gamins de cette région : on les envoyait à la mine. Il y fut envoyé dès l'âge de quatorze ans. "Germinal", c'est un peu l'histoire de mon père.

En mémoire à mon père Emile, né en 1910, mineur de fond à 14 ans, à mon grand-père Victor Louis, et mes oncles morts de la silicose, j'écris cet article, je suis fière d'être fille de mineurs du Pas de Calais.


On les appelait  les "gueules noires".

Les mineurs étaient exposés aux pires dangers (les éboulements, les gaz dont le grisou est le plus redouté), ils travaillaient dans les pires conditions, ils restaient allongés pendant des heures pour abattre le charbon au marteau-piqueur.

Beaucoup mouraient de la silicose, cette maladie pulmonaire provoquée par l'inhalation des particules de poussières de silice dans les mines.


L'Histoire du charbon dans le Pas de Calais

C'est au 14 ème siècle que l'emploi du charbon s'impose partout là où il affleurait.

Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement par l'exploitation intensive de la houille présente dans son sous-sol.

L'exploitation du charbon a pris son véritable essor au 18 ème siècle. Les débuts sont difficiles car il faut lutter avec les difficultés de terrain, avec l'eau, et les moyens mécaniques qui étaient à l'époque peu puissants.

II n'y a pas si longtemps, les vieux mineurs parlaient encore du manège à chevaux ou à bras pour actionner le " tonneau ", des descentes et remontées en file indienne par les échelles, des feux allumés dans les puits abandonnés pour servir d'appel d'air et d'autres difficultés depuis longtemps disparues. A cela, les ouvriers des villages devaient ajouter une longue route à faire à pied pour se rendre à la fosse.

Au 19 ème siècle naît la grande industrie houillère, avec l'invention de la machine à vapeur qui va permettre d'améliorer les techniques d'extraction (pompes et treuils plus puissants) ; la découverte du coke accélérera sa transformation en véritable industrie.

Le Bassin du Pas-de-Calais sera bientôt partagé jusque Fléchinelle entre les diverses sociétés concessionnaires.

Une industrie avec d'énormes besoins d'argent et de main-d'œuvre et, par conséquent, la naissance d'une corporation minière qui deviendra une des familles professionnelles les plus nombreuses et les plus cohérentes.


Hersin-Coupigny

Ma famille est issue de ce village du Pas-de-Calais.


Hersin-Coupigny, une ville de 12.02 km², située au nord de la France, dans le département du Pas-de-Calais. Elle appartient à l'arrondissement de Lens et au canton de Sains-en-Gohelle.



Les villes et villages proches de Hersin-Coupigny sont :
Barlin (62620) à 2.13 km,
Sains-en-Gohelle (62114) à 2.79 km,
Bouvigny-Boyeffles (62172) à 3.21 km,
Nœux-les-Mines (62290) à 3.31 km,
Maisnil-lès-Ruitz (62620) à 4.34 km.



Tout proche se trouve Bruay-la-Buissière, que moi j'ai connu du nom de Bray-en-Artois.
Et plus loin Béthune.


Les habitants de Hersin-Coupigny se nomment les Hersinois et les Hersinoises. La population de Hersin-Coupigny était de 6 495 en 1999, 6 265 en 2006, 6 310 en 2007 et 6 288 en 2009.

La densité de population de la ville est de 524.96 habitants par km². Le nombre de logements sur la commune a été estimé à 2 533 en 2007, composés de 2 448 résidences principales, 10 résidences secondaires ou occasionnelles, ainsi que 75 logements vacants.




Les mines

En 1855, l'exploitation du charbon débute à Bruay-en-Artois, aujourd'hui appelée Bruay-la-Buissière. Les premiers mineurs s'installent en 1853. Bruay qui avait 500 habitants en 1792, et 712 habitants en 1853, devient rapidement une ville qui compte 18.363 habitants en 1911 et 30.125 en 1936.

En 1884, ce sont 607 277 tonnes qui sortent des mines de Bruay, soit 10% de la production régionale.
Hersin-Coupigny a été fortement marquée par l'exploitation du charbon.  
Ceci est un extrait des « Carnets de guerre », de Albert Thierry. Instituteur, écrivain, mort le 26 mai 1915, édités par La Grande Revue en 1917 et 1918.

"Par la fin de la nuit et le jour, au prix d’une horrible lassitude, par Noulette, Aix-Noulette, Boyeffles, Sains-en-Gohelle, nous atteignons Hersin-Coupigny, village minier, à trois kilomètres de Nœux-les-Mines, et nous y cantonnons pour un temps indéterminé.

Sommeil accablé.

Lettres en arrivant : consolation et réconfort.

Brossage des souliers, du pantalon, de la capote ; lavage du fusil ; travail ennuyeux et horrible par une certaine odeur macchabée. Corvée de bois : les champs, la bonne femme, le cimetière, les rues, les Marocains, la mine.

Hersin-Coupigny. D’abord la mine et les corons (D… m’assure qu’on dit courons).

La mine, un énorme bâtiment pyramidal, brique et bois, avec de grandes verrières en haut dans une sorte de tour ; c’est la clôture du puits et de ses armatures extérieures.

Le terril, une montagne formidable de charbon, avec des rails dessus montant la pente, un train de wagonnets, et tout en haut je ne sais quel appareil bizarre, bascule, toise, qui ressemble à un aéroplane naufragé.

Les corons, deux styles, les uns d’horribles maisons rouges continues aux deux côtés d’une voie noire (rue Blériot, rue Bréguet), les autres des maisonnettes toutes pareilles, numérotées sur la porte de 90 à 1, un seul étage, deux fenêtres, des rideaux blancs, la brique noircie, et devant un affreux petit jardin grand comme notre salle à manger, avec du lierre à la grille, un fusain et un troëne.

La population pas spécialement plus noire ni plus débraillée qu’ailleurs ; ça et là seulement un chapeau de cuir, une lampe de mineur ; des enfants nombreux et gentils ; une abondance désolante d’estaminets associés à des charrons, à des menuisiers, à des commerçants de toute espèce…

… Puis passé l’église, passé la mairie, commence un Hersin campagnard, un bel abreuvoir, et des fermes vers une grande campagne verte et gris-lumière. Nous cantonnons dans l’une de ces fermes."





A Hersin-Coupigny, il y avait plusieurs fosses. 
Je ne sais pas où mon père, mes oncles travaillaient.



Il y avait la Fosse 9 de la Compagnie des mines de Nœux, fosse située sur le territoire d'Hersin-Coupigny mais dont les corons étaient sur Barlin. A la fosse 9 le lundi 16 avril 1917, vers 7 h 30, une explosion violente, courte... Un coup de grisou.

"Dans les corons, la nouvelle se répand aussitôt et, comme toujours en ces tristes circonstances, c'est une course de femmes affolées dont les maris, les enfants sont descendus dans la mine, c'est une course de parents et d'amis vers la fosse dont les abords sont de suite interdite : un cordon de soldats britanniques monte la garde. Derrière des barrières de clôture, c'est l'attente crispante, poignante, angoissante. Le vent souffle avec violence ; une pluie fine tombe, mélangée de neige.

Le coup de grisou, heureusement, n'a pas été suivi d'incendie. Une équipe de secours descend rapidement, éta­blit un courant d'air pour chasser les gaz. Spontanément, l'armée britannique met à la disposition des sauveteurs le personnel et le matériel de ses formations sanitaires."

Trois ans après la mise en service de la fosse no 9 - 9 bisA 1, la Compagnie des mines de Nœux entreprend d'ouvrir une nouvelle fosse. La Fosse n° 10 des mines de Nœux. La fosse no 10 de la Compagnie des mines de Nœux est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Hersin-Coupigny.

Elle est commencée le 28 juin 1911 et entre en service vers 1914, avec un puits déjà profond de 723,50 mètres au 31 décembre 1913. Elle assure l'aérage de la fosse no 4 - 4 bis, sise dans la même commune. Une fosse no 10 bis est mise en chantier en 1914.

La fosse no 10 a été construite au milieu d'une pâture uniquement dans le but d'assurer l'aérage de la fosse no 4 - 4 bis, sise dans la même commune, à 1 475 mètres au nord-nord-est. 


La Compagnie des mines de Nœux est nationalisée en 1946, et intègre le Groupe de Béthune. 

La fin des mines

Le puits n° 10 est comblé en 1962, les installations de la fosse sont ensuite détruites. Le seul vestige de la fosse est son château d'eau.


Ma famille
Dans la famille de mon père ils étaient huit frères et soeurs. 
Louis père - et mes tantes



Mes oncles paternels je ne les ai pas connus.
Ils sont décédés avant ma naissance, de la sillicose. 




Après son régiment, en 1932, mon père n'a plus voulu retourner à la mine, il est parti pour Paris où il est devenu manoeuvre chez Renault.


Hersin Coupigny de nos jours





Le château

Les traces d'un ancien moulin.
Des souterrains-refuges utilisés pendant les guerres du xvi ème siècle et du xvii ème siècle.
L'Église Saint-Martin reconstruite 1772 avec éléments xvie siècle.
Une niche 15e siècle sur un contrefort sud.


Et un étang où l'on pêche


Aujourd'hui




Ceci est l'hommage rendu par un autre fils de mineur




Vos commentaires

De nombreux messages m'ont été adressé sur over-blog, suite à la parution de mon article. 
J'en ai été très touchée et je les reproduis ici :


Marie5116/01/2016 00:26
Bonsoir Joceline

J'ai été de lire votre témoignage sur les "gueules noires", la vie de votre famille...Les familles étaient nombreuses a cette époque pour les femmes et la vie très dure, pour les hommes qui devaient descendre à la mine. La silicose a fait bien des ravages dans les familles...Merci pour ce que vous avez écrit, merci pour faire perdurer leurs souvenirs.

Marie-Ange
BROGNEZ Jean-Pierre15/12/2015 22:57
Bonjour
Je suis Belge et c''est un peu (beaucoup) par hasard que j'ai découvert votre article sur les mineurs de Hersin-Coupigny. J'ai lu cela avec un réel plaisir et j'y ai même découvert quelques anecdotes qui me manquaient pour mon arbre généalogique.
En effet, c'est en réalisant celui-ci et remontant le fil du temps que j'ai constaté que mon arrière-arrière grand-père Jean-Baptiste BROGNEZ, charbonier, domicilié à Hersin, cité ouvrière a été déclarer le 14 avril 1872 à 09.00 hrs en la maire la naissance de son fils prénommé Henri.qui sera par la suite charbonnier également mais émigrera en Belgique d'ou ma nationalité. J'ai demandé et obtenu à la mairie de HERSIN une copie de l'acte. 
Encore une fois merci pour votre travail qui perpétue la mémoire de ces esclaves du charbon.
Bien cordialement, Jean-Pierre BROGNEZ.
Michaux09/12/2014 18:59
Ma grand-mère est née à Hersin-Coupigny en 1907, elle portait le nom de sa mère qui, trop jeune, l'a abandonnée chez les sœurs de Bapaume. Plus tard elle s'est mariée à Léon Michaux (mon grand-père) né dans le département du Nord. Cela me faire plaisir d'entendre de parler de ce pays où mon grand-père fut, un temps, mineur.
Michel Dhersin08/09/2014 09:21
Bonjour,

Je suis tombé par hasard sur votre blog en faisant des recherches sur mon nom de famille, mes parents ont grandi dans le nord de la France, près de Noeux les Mines, mon grand-père maternel a travaillé dans les mines, je ne l'ai vu qu'une fois dans ma vie malheureusement... La France a bâti sa richesse sur le courage des "petites mains", ses mains sont l'héritage de valeur qui s'amenuisent avec le temps, j’ai compris depuis peu qu’il est primordial de garder des traces du travail fait par nos familles. En ce sens je vous remercie pour ce travail de mémoire.

Cordialement.

Michel Dhersin
une "chti 'mi"29/06/2014 15:02
Hier,j'ai reçu cette mail de mon cousin.Je suis Née au milieu de la mine(fosse 3 de Vermelles et fosse 7 de mazingarbe)J'habite à l'étranger depuis plus de 40 ans mais j'ai passé ma Jeunesse devant un terril..et chaque fois que je retourne chez "moi",je me sens revivre..Merci pour cet article.Rappelez vous que "chit'mi" on nait et on y reste pour toute la vie!
luypaert12/07/2014 17:58
très touché par ce reportage etant moi-meme fils de mineur (nos péres étant décédés trop tot il nous a manqué leur affection mais on ne peut les oublier )
dupros eugene26/06/2014 12:03
jais fait ma jeunesse dans les corons de la cite 7 a mazingarbe père oncles mineur moi mémé 5 ans a la fosse 4 de vermelle très bons souvenirs des de l'ambiance des années: 1955: 1960
Vallez06/05/2014 09:28
Bonjour,
J'ai parcouru votre blog qui est très riche et assez poignant. Félicitations.
Une petite question car j'envisage aussi le mien: Concernant les photos de cartes postales, avons-nous le droit de les publier ? J'en vois des anciennes sans références, d'autres de "Notre famille.com", "Delcampe" Je suis un peu perdu dans le droit et non droit.
Merci de votre réponse et bonne continuation.
PHILIPPE23/04/2014 17:44
J AVAIS mé grand parent aussi qui on fait leur vie a la mineet mon grand pére lui on dédie une rue henrie michel merci a vous pour ce blog
Jocelyne08/04/2014 14:39
Bonjour à tous. Je suis l'auteur de cet article, et moi, de mon côté, j'ai été très émue par vos commentaires. Je n'aurais jamais imaginé qu'un article de mon blog, aurait touché autant de personnes, qui ont les mêmes origines Ch'ti que moi et qui ont entendu leurs parents raconter. 
Moi qui pensais que personne ne connaissait Hersin Coupigny ! 
Mes parents sont décédés comme cela doit être le cas pour beaucoup d'entre vous. Mon père est né en 1910, il est décédé à 76 ans, à Paris, ayant pris la bonne décision de quitter la mine après son régiment. 
Déjà que je ne savais pas grand chose de la jeunesse de mon père, c'est pour cela que j'ai voulu raconter ce dont je me souvenais, et puis enquêter sur l'internet pour en savoir plus. Surtout pour ne pas les oublier, et transmettre.
Christine Cattelan -Morel20/03/2014 00:28
Amicalement Christine ,
Christine Cattelan -Morel20/03/2014 00:26
Je suis émue par ce passionnant et enrichissant documentaire sur la Mine . Du côté de mes grands - parents maternels les trois - quarts travaillaient à La Mine , Haillicourt , Bruay , Hersin ... Ma grand - mère Marie - Thérèse Lienard - Lanoy est née à Hersin - Coupigny en 1920 , elle est hier et sera enterrée samedi au cimetière d'Hersin
André PRUVOST24/12/2013 15:45
Je suis né à Hersin le 22.04.1939 
J'ai les larmes aux yeux en regardant cette magnifique réalisation.
Encore bravo pour cet Hommage, mon père est décédé à l'âge de 53 ans, il travaillait à la fosse 4 et nous habitions à Béclet. Amicalement
pawlowski michel12/01/2014 16:10
tres touchant le commevtaire je suis ne au 5 rue de vicq mon pere est decedes a l age de44ans pas besoin de dire de q uelle maladie il a travalle a la fosse n 4 .heuresement ils ne mon pas mis a la mines boulanger a sains puis dans la siderurgie en lorraine puis a fos sur mer depuis 1973 amicalement a tous hersinoises et hersinois.





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